Alors oui, j’arrive après la bataille (comme toujours tu vas me dire) puisqu’on prépare généralement cette recette… au mois d’août. Mais mieux vaut tard que jamais comme on dit, et sur ce point, je ne me referai pas ! Aujourd’hui, je voulais donc te parler de l’ail fermenté au miel, une recette ancestrale qui a depuis longtemps fait ses preuves.
Ail au miel : keskekoi ?
Si je te dis ail au miel fermenté, tu te demandes « mais de quoi elle parle encore ? ». Eh bien figure-toi qu’il s’agit d’un super aliment qui peut améliorer ta santé sur bien des aspects ! Attention, il ne faut pas confondre l’ail au miel avec l’ail noir ou l’ail confit. Si ces deux derniers sont obtenus par cuisson, l’ail fermenté au miel reste cru. C’est d’ailleurs ce qui permet de préserver un maximum de bienfaits.
Ici, on parle donc d’une lacto-fermentation (comme pour le kimchi ou la choucroute). Il s’agit de plonger des gousses d’ail pelées dans du miel brut et de laisser la magie opérer. (Non en vrai, y’a pas de magie du tout)(c’est juste de la biochimie et c’est totalement naturel). Je ne vais pas me lancer dans des explications à rallonge, il existe plein d’autres articles et ouvrages traitants de la lacto-fermentation. Tout ce que je peux te dire avec certitude, c’est que c’est bon pour la santé !
Attention cependant : il est essentiel que tu choisisses tes ingrédients avec soin pour éviter les risques de botulisme (une maladie caca que t’as pas envie d’avoir). Pour réaliser ton ail fermenté en toute sécurité, il te faut prendre du miel NON PASTEURISÉ. Le miel de fleurs brut (miel de nectar) est idéal pour cette recette car son pH empêche la production de toxine botulique. Le miel de miellat n’offre pas une protection suffisante, il est donc à proscrire.

Ail fermenté au miel : comment qu’on fait ?
Comme je n’aime pas faire durer le suspens, passons tout de suite aux choses sérieuses : la recette ! Attention tiens toi bien, c’est hyper compliqué (non). Pour réaliser ton ail au miel, il te faut :
- Des gousses d’ail (bio de préference) ;
- Du miel non pasteurisé (ça c’est obligatoire) ;
- Un bocal en verre hermétique.
Et. C’est. Tout.
Il te suffit de bien nettoyer et sécher ton bocal, d’y mettre tes gousses d’ail pelées et légèrement écrasées (mais surtout pas lavées, attention, PAS D’EAU), et de recouvrir le tout avec ton miel. Perso, je préfère du miel liquide, c’est plus pratique. Assure-toi que toutes les gousses soient bien recouvertes mais ne rempli pas trop ton bocal au risque qu’il déborde par la suite.
Ensuite tu fermes ton bocal, et tu le laisses en plan dans un coin sombre entre 2 semaines et 3 mois, selon si tu oublies facilement les choses ou pas. Pendant les 7 premiers jours, ouvre le bocal tous les jours pour dégazer et retourne le pour que toutes les gousses d’ail soient bien recouvertes de miel. Euh, avec de retourner, penses à refermer le bocal. (non je dis pas ça parce que ça m’est arrivé d’oublier)(c’est faux).
Il n’y a plus qu’à attendre que la fermentation fasse son oeuvre !
Comment savoir si ton ail fermenté est bon ?
- Premier signe : les petites bulles qui remontent à la surface ! Cela veut dire que la fermentation a bien commencé. Il va y en avoir beaucoup les premiers jours (d’où l’intérêt de dégazer)(pas toi hein, le bocal), puis elles vont se raréfier au fil du temps.
- Deuxième signe : le miel se liquéfie (oui, même si tu as pris du miel liquide). Il faut que ton miel soit presque aussi liquide que du sirop.
- Troisième signe : le miel prend une teinte ambrée et l’ail, quand tu le goûtes, est très doux (il ne pique plus du tout).
Si ton ail noirçit ou qu’une mauvaise odeur s’en dégage : ne prends aucun risque et jette ton mélange. Côté conservation, tu peux garder ton bocal jusqu’à un an dans un endroit frais et sec. Si la température de la pièce dépasse 22°C, tu peux le mettre au frigo.
Attention également : pas de miel pour les nourrissons de moins de 12 mois. En cas de grossesse, d’allaitement, de traitement anti-coagulant ou de diabète, mieux vaut demander conseil à ton médecin avant d’en consommer.

Quels sont les bienfaits de l’ail fermenté au miel ?
C’est bien beau de te dire de faire de l’ail au miel mais… à quoi ça va te servir exactement ? Ah ! Bah alors là, tu vas être sur le cul ! C’est un truc de dingue ! Nan vraiment, une recette de grand-mère comme t’en as jamais vue ! (Oui bon ok j’arrête, pardon).
Trèfle de plaisanterie (haha t’as la ref ?), l’ail fermenté au miel possède de nombreux bienfaits pour ta santé. Il combine en effet les atouts de deux aliments dont les vertus ont été scientifiquement prouvées ! Je ne vais pas non plus m’étaler sur les nombreuses études existantes, je te laisse le soin de les chercher sur l’internet si jamais tu veux approfondir le sujet (J’appelle Internet !)(là aussi, t’as la ref ?).
On commence donc par les propriétés antimicrobiennes de l’ail au miel. Grâce à l’allicine qu’il contient, l’ail est naturellement l’ennemi des microbes. En consommer permet donc de repousser ces derniers en renforçant les défenses immunitaires. Combiné avec le miel, l’ail libère davantage ses composés bioactifs et permet de lutter efficacement contre tous les petits maux de l’hiver. Surtout quand il y a des enfants à la maison. Et que l’école a repris. Et que ça renifle dans tous les coins. Une petite gousse d’ail fermenté sous la dent et hop ! Ciao bye bye les microbes !
Bien évidemment, l’ail au miel n’est pas un remède miracle : si tu t’amuses à courir à poil dehors en plein hiver, et que tu relèches toutes les personnes malades que tu croises, ail fermenté ou pas, tu auras la crève. Il faut surtout le voir comme le coup de pouce dont ton organisme a besoin pour se protéger lui-même lorsque le froid revient.
Au-delà de ça, l’ail au miel soutient la santé cardiovasculaire et digestive. Dans la littérature scientifique, l’ail est effectivement associé à la réduction du cholestérol et agit sur la pression artérielle. Dans le cadre d’une alimentation saine, l’ail fermenté peut ainsi contribuer à une meilleure santé cardiovasculaire. Concernant la digestion, c’est la lacto-fermentation qu’on doit remercier ! Cette dernière génère des probiotiques naturels qui contribuent à l’équilibre de la flore intestinale (comme pour le kimichi et la choucroute).
Encore une fois, l’ail fermenté au miel n’est PAS un médicament ni une potion magique. Il peut renforcer tes défenses immunitaires mais pas soigner directement une maladie. Si les symptômes persistent ou s’aggravent, consultes toujours un médecin !

Comment manger l’ail au miel ?
Eh bien en fait, comme tu veux ! Tu peux l’ajouter dans tes salades, le manger sur des tartines, le croquer tel quel… et utiliser le miel dans des tisanes ou directement à la cuillère comme un sirop. L’idée étant d’en consommer régulièrement tout au long de l’hiver. Certains conseillent plutôt de faire des cures de 3 semaines, d’autres d’attendre les premiers signes de refroidissement… De ce côté là, j’ai envie de te dire de faire un peu comme tu le sens.
Pour ma part, j’en prends un peu dès que je sens que je fatigue ou que la gorge me gratouille un peu. Ou que les enfants reviennent à la maison avec le nez qui coule. Ou que Monsieur tousse pendant 2 semaines. Ou quand la dame devant moi à la caisse m’a éternué dessus. Enfin bref, t’as compris !